Rentrée 2018 : et si on faisait du neuf avec les vieux ?

Rentrée 2018 : et si on faisait du neuf avec les vieux ?

Septembre 2018. Comme chaque année, la rentrée s’annonce bousculée, les entreprises sont en effervescence, prêtes à relever les nombreux défis que leur réservent les mois à venir. Et si, cette année, certains collaborateurs délaissés pouvaient enfin prendre toute leur part à cette grande aventure ? Les organisations auraient tout à y gagner.

 

L’entreprise pour tous, vraiment ?

Tout le monde est rentré, les équipes sont au complet, les collaborateurs sont mobilisés. Tous ? Non. Certains d’entre eux, désabusés, regagnent le placard dans lequel ils se morfondent depuis quelques mois, voire quelques années. Priés de n’en sortir que pour partir définitivement.

De leurs côté, DRH et Managers évaluent l’ampleur des tâches qui les attendent. La transformation digitale s’accélère, il faut former les équipes. Toutes les équipes ? Non, ne seront pas formés ceux sur lesquels il a été décidé, sans jamais le dire ou l’écrire officiellement, de ne plus jamais investir.

Idem pour les recrutements bien entendu, la diversité sera de mise : diversité des sexes, diversité ethnique, diversité des parcours… diversité des âges ? Ah non, pas celle-ci.

Évidemment, les exclus dont je parle sont les seniors. Pour eux, pas de mission intéressante, pas de formation, ni quoi que ce soit à attendre de l’entreprise.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont plus de cinquante ans et que, dans notre société, 4 recruteurs sur 10 les jugent obsolètes professionnellement.

Or, dire que l’obsolescence est l’ennemie de la performance est un pléonasme. Dans ces conditions, que voudriez-vous que l’entreprise fasse d’eux ?

 

Dirigeants, DRH, managers, quel âge avez-vous ?

Inutile de le nier, vouloir ranger des collaborateurs dans des cases est souvent le fruit de préjugés. Florilège :

On dit des seniors qu’ils sont rétifs aux nouvelles technologies, que leur usage les dépasse. Il se murmure qu’il est impossible de les manager : évidemment, ils sont réfractaires au changement, ont réponse à tout sous prétexte qu’ils ont de l’expérience. Ne parlons même pas de leur manque d’humour et de leur fermeture d’esprit à la culture des digital natives. Bref, ils plombent l’ambiance, et en plus ils coûtent un fric fou !

On se dit aussi à l’inverse qu’obtenir un poste de manager est plus souvent le fruit d’un copinage que d’une compétence avérée pour diriger une équipe.

Ok, STOP : même si ce que je viens d’énoncer semble complètement ridicule, il s’agit bel et bien d’une réalité non marginale.

En revanche, cela m’amène à m’interroger personnellement. J’ai bientôt 43 ans, est-ce que dans 7 ans je serai obsolète ? Est-ce que je ne servirai plus à rien ? Est-ce que, finalement, mon statut de dirigeant-manager sera mon seul rempart ?

Et vous, que vous dites-vous ?

La vérité est que les seniors ne sont pas moins motivés que vous. Et quand bien même ils pourraient l’être, c’est notre job de les manager. En dernier recours, et comme pour toute autre question stratégique de management, des solutions d’accompagnement existent.

 

De nouvelles solutions pour éviter la perte de compétences

Le contexte actuel, caractérisé à la fois par une transformation profonde de certains métiers et un faible taux de chômage des cadres, crée déjà une pénurie de compétences opérationnelles au sein des entreprises. En 2020, près de 1,5 millions de salariés qualifiés manqueront dans nos entreprises.

Parallèlement, depuis 2009, environ trois actifs sur dix sont amenés à prendre leur retraite, ce qui représente environ 700 000 personnes chaque année. Ces départs en retraite représentent pour l’entreprise une perte sèche en compétences.

Pallier ces départs sur certains métiers, appelés à se transformer ou à disparaître d’ici deux ou trois ans, peut devenir un vrai casse-tête pour les organisations. Dans ce contexte, le cumul emploi-retraite représente une solution performante et éthique.

Nombre de seniors, qu’ils soient jeunes retraités ou s’approchent seulement de cette échéance, souhaitent conserver une activité professionnelle. Redoutant un changement brutal de leur rythme de vie, ils veulent rester utiles à l’entreprise. Pourquoi se priver de leurs compétences précieuses et éprouvées ? Même en cas de gel des embauches, il existe grâce au cumul emploi retraite des solutions pour tirer le meilleur parti de leurs savoir-faire et expertises.

Par ailleurs, si le bénéfice apporté par les seniors à l’entreprise est bien réel, cette rentrée pourrait être enfin le moment de se souvenir que la RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) ne se limite pas à une posture ou à un outil de communication. En confiant de nouvelles missions à des seniors, vous leur permettez d’opérer la transition progressive vers la retraite qu’ils attendent. Vous les maintenez dans l’emploi et valorisez leur rôle dans la société. Mieux, vous témoignez de votre attachement à une diversité réelle au sein de vos équipes.

Si la principale raison d’être d’une entreprise est de rémunérer ses actionnaires, seules celles qui font travailler leurs collaborateurs dans l’ensemble de leur diversité sont capables de le faire durablement. Une société, ou une entreprise, sont des organisations qui pour être performantes dans la durée doivent être capable de mettre en action l’ensemble des citoyens, ou des collaborateurs, dans toute leur diversité.

 

Le titre un brin provocateur de cette tribune, vous l’aurez compris, n’a pas été conçu pour choquer, mais pour faire réagir et provoquer une prise de conscience salutaire. Les seniors ne sont pas seulement utiles à l’entreprise, ils en sont aussi souvent la mémoire vivante. Aller vers l’avenir en se passant de leur recul et de leur expérience reviendrait, pour tout acteur économique, à se comporter comme une armée qui n’enverrait au front que les nouvelles recrues : autrement dit, à commettre une erreur stratégique majeure.

Je vous souhaite une bonne rentrée, de beaux projets… Et, avec le concours  de tous vos collaborateurs, y compris les seniors, de bons succès.

 

Nicolas Chanut, Président et Fondateur de Booming