Cumul emploi-retraite : principes et atouts d’une pratique en hausse

Cumul emploi-retraite : principes et atouts d’une pratique en hausse

Si le cumul emploi-retraite intéresse nombre de seniors, il retient aussi l’attention d’un nombre croissant d’entreprises. Selon une étude de la Drees, 478 000 personnes travaillaient en 2016 tout en percevant une pension de retraite, et leur nombre actuel s’élèverait à environ 600 000. Rappel des principes de base régissant le fonctionnement du cumul emploi-retraite, et de ses atouts pour séduire aussi bien les seniors que leurs employeurs.

 

Principe du cumul emploi-retraite

Le cumul emploi-retraite est un dispositif s’appliquant sur l’ensemble des régimes de retraite : régime général des salariés, régimes des indépendants, des fonctionnaires, des professions libérales… Etre à la fois salarié et retraité permet aux seniors de toucher une rémunération régulière en plus de leur pension. Le système leur offre aussi un moyen de ne pas rompre brutalement avec leur ancienne vie, de continuer à intervenir dans un secteur qui les passionne, ou tout simplement de se sentir utile en restant partie prenante de la vie économique du pays. En résumé, les motivations de nombreux seniors qui choisissent cette formule ne sont pas exclusivement financières.

Tout retraité souhaitant bénéficier du cumul emploi-retraite en reprenant une activité salariée doit veiller à remplir certaines conditions. La première est d’avoir mis fin à sa dernière activité salariée pour signer un nouveau contrat de travail, y compris s’il s’agit de reprendre un travail chez son ancien employeur (on relèvera que cette disposition ne concerne pas les activités artistiques, littéraires, ou certaines activités scientifiques).

Le cumul emploi-retraite est un dispositif très encadré, aussi n’est-il possible de bénéficier d’un cumul emploi-retraite « intégral », ou total, que sous certaines conditions. À titre d’exemple, un senior partant à la retraite avant 67 ans et ne disposant pas du nombre de trimestres suffisants sera pénalisé par une retraite minorée, mais aussi, comme nous allons le voir, par un système de cumul emploi-retraite plafonné lors de sa reprise d’activité.

Il faut enfin noter que depuis la réforme de 2014, quel que soit le nouveau métier exercé, les cotisations vieillesse prélevées sur le revenu perçu ne permettent d’acquérir ni droits ni points de retraite supplémentaires.

 

Cumul intégral des revenus, cumul restreint et plafonnement

On distingue trois types de cumul emploi-retraite.

Le cumul intégral “inter-régimes” désigne la possibilité de cumuler une pension de retraite, sans plafonnement, avec le revenu d’une activité dépendant d’un autre régime de retraite. À titre d’exemple, il est possible de cumuler une pension du régime général avec un revenu d’indépendant. Seul le cumul d’une pension de fonctionnaire avec un revenu de salarié du privé peut connaître quelques restrictions.

Le cumul intégral “intra-régime” s’adresse aux seniors dépendant du régime général à la fois pour leur retraite et pour leur nouvelle activité. Un certain nombre de conditions sont nécessaires pour en bénéficier :

  • avoir l’âge minimum légal de départ à la retraite (ou avoir atteint l’âge du taux plein automatique, soit entre 65 ans et 67 ans suivant l’année de naissance),
  • avoir validé le nombre de trimestres requis,
  • avoir liquidé l’ensemble de ses retraites personnelles.

Il est alors possible de reprendre une activité dépendant de n’importe quel  régime, et de cumuler revenus et pension de retraite.

Le cumul restreint concerne les seniors ayant liquidé leur retraite avec minoration, autrement dit avant d’avoir atteint le nombre légal de trimestres. S’ils reprennent une activité dépendant d’un des régimes leur versant une pension, ils ne bénéficieront que du cumul partiel de leur pension et de leur salaire.

Ce cumul partiel est plafonné à la moyenne des 3 derniers salaires bruts perçus (incluant les indemnités de départ et de congés payés) ou à 160 % du Smic brut mensuel (on retient le plafond le plus élevé). Si la somme du salaire et de la pension dépasse le plafond, la pension est réduite en proportion. Par ailleurs, si la reprise d’activité a lieu chez l’ancien employeur du senior, ce dernier devra respecter un délai de 6 mois entre son départ en retraite et sa nouvelle embauche. On retiendra que ce type de cumul est possible dans quasiment tous les régimes – de base comme complémentaires –  suivant des conditions un peu différentes.

 

Une opportunité pour les employeurs

Si le cumul emploi-retraite constitue un moyen intéressant pour les salariés seniors de continuer à exercer une activité professionnelle, il représente pour les employeurs une opportunité de faire face à la pénurie de compétences auxquelles les entreprises sont confrontées avec les départs en retraite massifs des boomers.

Sur le plan administratif et financier, embaucher un senior n’est ni plus compliqué ni plus coûteux que de recruter un salarié plus jeune. Souvent, les seniors en cumul emploi-retraite sont preneurs d’horaires à temps partiel, qui peuvent s’avérer cohérents avec les besoins et les finances de l’entreprise. Par ailleurs, un senior s’adapte rapidement à son poste et n’a généralement que des besoins réduits en encadrement et en formation : c’est particulièrement vrai lorsqu’il reprend une fonction similaire ou très proche de celle qu’il occupait avant son nouveau contrat dans l’entreprise !

Sur le plan opérationnel, l’expérience d’un senior est un précieux capital pour l’organisation. Les compétences acquises au cours d’une carrière peuvent non seulement être transmises aux autres salariés, mais aussi crédibiliser l’entreprise auprès de certains clients ou interlocuteurs qui cherchent un regard mature sur leur problématique. Avec le cumul emploi-retraite, retraite ne rime plus aujourd’hui avec perte de compétences pour les organisations.

 

Selon une étude de l’INSEE parue en juillet 2018, l’emploi des seniors est en hausse constante depuis 2007. Il est permis de penser, dans ce cadre, que les situations de cumul emploi-retraite – ou d’autres solutions comme la retraite progressive, qui fera l’objet d’un autre article – ne vont pas cesser de croître dans les années à venir. A l’heure où les entreprises doivent opérer des changements d’orientation stratégiques souvent très rapides, le dispositif constitue un outil efficace pour leur permettre de continuer à bénéficier des compétences des seniors dans les périodes de transition. C’est d’autant plus vrai que des solutions agiles et innovantes existent désormais pour mettre les sociétés en relation avec les seniors répondant à leurs attentes opérationnelles, de façon sécurisée et simplifiée.